La batterie de 138 du Lazaret
La batterie de 138 du Lazaret
Abri à projecteur de la Baie des Dunes
Abri à projecteur de la Baie des Dunes
Batterie de la cote 84
Batterie de la cote 84
La pointe de l´Aigle
La pointe de l´Aigle
La Pointe du Corail
La Pointe du Corail
Abris à projecteur du Gros Rocher
Abris à projecteur du Gros Rocher
Vue depuis la muraille d´Anosiravo
Vue depuis la muraille d´Anosiravo
La batterie anglaise
La batterie anglaise
Batterie
Batterie
Une des 4 alveoles
Une des 4 alveoles
Tranchée et cuve n1
Tranchée et cuve n1
La pointe de l´Aigle
La pointe de l´Aigle
La batterie
La batterie
La fregate Floreal au pied du Cap Vatomainty
La fregate Floreal au pied du Cap Vatomainty
La vallée des Caimans et au fond le fort A
La vallée des Caimans et au fond le fort A
La casemate principale
La casemate principale
Batterie du champ de tir
Batterie du champ de tir
Mortier G de 270 Mle 1889
Mortier G de 270 Mle 1889
La batterie de 138 du Lazaret
La batterie de 138 du Lazaret
La batterie du phare
La batterie du phare
Batterie du poste optique
Batterie du poste optique
La batterie de la baie des Boutres
La batterie de la baie des Boutres
Champ de tir
Champ de tir
Batterie de la cote 84
Batterie de la cote 84
Le fort d´Ankorika
Le fort d´Ankorika
Mur de contrescarpe
Mur de contrescarpe
Le Fort G
Le Fort G
Casemate de bourge
Casemate de bourge
Casemate de Bourges et bunker munitions
Casemate de Bourges et bunker munitions
Fort du centre
Fort du centre
Parapet en pierres seches
Parapet en pierres seches
Le magasin de secteur
Le magasin de secteur
La batterie de 138 du Lazaret
La batterie de 138 du Lazaret
Entrée du magasin
Entrée du magasin
Magasin de secteur d´Ankorika
Magasin de secteur d´Ankorika
Mahatsinjoarivo
Mahatsinjoarivo
Le poste optique
Le poste optique
Station radio
Station radio
La batterie de 138 du Lazaret
La batterie de 138 du Lazaret
Windsor Castle
Windsor Castle
Abri à projecteur
Abri à projecteur
Le phare vu du poste optique
Le phare vu du poste optique
Antongombato
Antongombato
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Légende

Abri à projecteur

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Batterie (front de terre)

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Logistique

Cap Diego : le camp

Cap Diego

Diego ou Antsirane ?

Pendant longtemps « Diego » a désigné Cap Diego et non la ville que nous connaissons. Et, pendant plusieurs années l’administration française a hésité sur le choix de l’emplacement de la ville en train de naître. En effet, dans la perspective d’une installation militaire Cap Diego semblait disposer de meilleurs atouts.
Cap Diego
Cap Diego
Des avantages naturels d’abord. On pouvait lire, dans la Revue Maritime et coloniale en 1885 : « Du fond de la baie dans l’ouest se détache une grande presqu’île formée d’une partie évasée se rétrécissant peu à peu pour se rattacher à la terre ferme… c’est à l’extrémité de cette presqu’île que se trouve le Cap Diego formant dans la baie de la Nièvre une sorte de petit port naturel, parfaitement abrité et absolument caché pour quiconque vient de l’Est ». Des avantages stratégiques ensuite. D’après les Instructions Nautiques de 1885 « Ce cap est le seul point de toute cette côte qui présente un réduit naturel de facile défense ».
Les autorités militaires furent donc longtemps convaincues que la position du Cap Diego les mettrait « à l’abri d’un coup de main » qu’il vienne d’Ambohimarina, la place forte tenue par les troupes merina, ou qu’il vienne de la mer. Aussi, alors qu’Antsirane n’était encore qu’un tout petit village, des installations militaires furent établies à Cap Diego. Cependant, en 1885, tout était encore à faire.
Fours à chaux
Fours à chaux de Cap Diego
Voici ce qu’écrit, François de Mahy, député de La Réunion, dans une lettre de 1885 : « Il n'y a encore rien de construit au Cap Diego, sauf un petit quai en pierre, qui a été fait par un créole de Bourbon, sous la direction du commandant Caillet. Ce dernier avait tracé, au milieu des brousses qui revêtent cette partie du terrain, un chemin qui a été exécuté par les canotiers de la baleinière. Les bâtiments que nous avions visités la veille ont été faits par les hommes de la Dordogne et par la troupe au moyen des débris du transport l'Oise, naufragé en février dernier à Tamatave. Bref, on a tiré parti de tout, le mieux qu'on a pu ».
Mais, très rapidement, des bâtiments vont sortir de terre.
A cet effet, on utilise le calcaire du rocher de Cap Diego en construisant des fours à chaux qui vont permettre de fournir les matériaux nécessaires.
« Un dépôt de charbon a été créé en ce point ; sous peu, les vastes hangars élevés sur la plage seront terminés et reliés par un chemin de fer Decauville à des appontements que pourront accoster les grands navires. Des magasins, des ateliers de réparation, un petit arsenal en un mot, doivent y être établis, assurant le ravitaillement et l’entretien de nos navires dans la mer des Indes.
Un embryon de ville s’élève déjà sur les flancs, déserts il y a quelques mois, du Cap Diego… »
(Revue Maritime et Coloniale)
Et, en effet, entre 1885 et 1886, tous les efforts furent portés sur Cap Diego ; on y construisit un hôpital, des ateliers, des casernements, des dépôts de vivres; le petit village d’Antsirane, de l’autre côté de la baie de la Nièvre, fut à peu près négligé à l’exception de la construction de deux petits fortins sur la hauteur dominant la plage.
C’est donc à Cap Diego que fut installée la garnison composée d’une compagnie d’infanterie de marine, d’une compagnie de tirailleurs sakalaves et d’une compagnie de disciplinaires.
Hôpital de Cap Diego
Hôpital de Cap Diego
La situation changea avec les instructions du 28 août et du 2 septembre 1886 qui préconisaient l’occupation des hauteurs qui dominent la baie au sud.
Le commandant militaire Caillet regroupa alors une partie de la garnison à Antsirane.
Dès 1887, se trouvaient donc à Antsirane, le commandement et les services administratifs, trois compagnies d’infanterie de marine, une compagnie de disciplinaires et l’Artillerie.
Cap Diego abritait une compagnie d’infanterie de marine, une compagnie de disciplinaires, la compagnie des « Sakalaves », l’hôpital, les magasins et le parc à charbon.
Cette séparation entre les services se révéla rapidement difficile à organiser, les communications entre les deux points « stratégiques » ne pouvant se faire que par mer.
De plus, la petite ville « civile » d’Antsirane se développait rapidement, favorisée par sa position ouverte vers l’intérieur du pays, ce qui permettait un approvisionnement plus facile.
A son arrivée, en mars 1887, le gouverneur Froger avait regroupé tous les services civils à Antsirane qui devint ainsi le centre administratif de la colonie de Diego-Suarez.
Se posa alors la question de la division des services, les militaires répugnant à abandonner Cap Diego où de gros travaux avaient été effectués et dont la position paraissait plus sûre.
Cap Diego - caserne de la Légion
Cap Diego - caserne de la Légion
Cependant, en 1888, la compagnie des disciplinaires et celle des tirailleurs malgaches, les « sakalaves » furent affectées au poste de Mahatsinjoarivo, qui faisait face au poste merina d’Ambohimarina. Il ne resta plus alors à Cap Diego qu’une section de l’artillerie de marine et l’hôpital militaire. Le transfert de celui-ci à Antsirane fut dès lors envisagé mais ne fut réalisé que 10 ans plus tard. En effet, il semble que l’Administration ait répugné à la dépense : « J’estime qu’il n’est pas rationnel de dépenser 600.000 F à Antsirane pour construire un hôpital quand, à Diego, il est possible d’en avoir un très convenable avec une dépense de 50.000F » jugea l’Inspecteur-Général venu inspecter les travaux en 1891.
Mais cet éloignement de l’hôpital était source de problèmes et, en 1899, on pouvait lire dans l’Annuaire Général du Gouvernement de Madagascar : « L’ancienne ambulance du Cap Diego, transformée en hôpital ne peut encore satisfaire à tous les besoins. Aussi, la construction d’un nouvel hôpital de 300 lits à Antsirane a-t-elle été décidée. La ville d’Antsirane a été choisie de préférence à Orangea et à Cap Diego, parce que c’est là qu’est réunie la garnison la plus importante et qu’habite aussi la population civile presque toute entière »
Antsirane avait gagné…

Et après…

En 1900, lorsque Diego fut déclaré « Point d’appui de la flotte » sous la direction du colonel Joffre, Cap Diego ne fut pas oublié mais ne bénéficia cependant pas du formidable développement des fortifications qui devaient devenir « la ligne Joffre ».Cet abandon relatif se lit dans le texte de D’Anfreville de la Salle, daté de 1902 :
Grotte de Cap Diego
Grotte de Cap Diego
«  Le port militaire occupera la baie de la Nièvre. On passera, en le quittant, devant Antsirane à droite, Diego à gauche, puis, traversant la baie de Diego sous le feu des diverses batteries qui s'y trouvent, on atteindra enfin le goulet, formidablement défendu. Outre les batteries qui battent la passe, des deux côtés, la superbe batterie de Vatoumanti (sic), entièrement taillée dans le roc, prend celle-ci d'affilée, puis à droite, se succèdent les batteries installées à Orangea et Ankeriki (sic). D'autres encore se trouvent à Diego, bourg exclusivement militaire, composé d'un hôpital, de magasins divers, avec un petit appontement pour permettre de plus faciles communications maritimes  ».
Un bataillon de la Légion Etrangère fut cantonné à Cap Diego où il occupa l’ancien bâtiment des disciplinaires. La légion resta à Diego jusqu’en 1974 et beaucoup d’Antsiranais se rappellent la présence des légionnaires et les anecdotes qui accompagnaient les exploits –plus ou moins appréciés- de ce corps. Ce qui frappa surtout les esprits c’étaient les descentes du haut du rocher par le « ventral », c'est-à-dire le long de câbles qui plongeaient dans la mer où les légionnaires arrivaient tête première !
Cap Diego devint aussi un lieu d’excursions à la mode. En 1929, on vantait ainsi cette excursion « facile » :
« Au Cap Diego, service quotidien par chaloupe à vapeur. Ascension du rocher ; escalier et route à travers la forêt calcaire ; vue splendide sur toute la baie, la ville et le massif du cap d'ambre. Déjeuner dans la grotte du Cap Diego, au bas du rocher. Village indigène très pittoresque, jolie plage sur la baie du sépulcre, ainsi appelé à cause des sépultures malgaches qu'elle contient. Cette excursion peut être faite dans une demi-journée ».


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